Mme James, écrivain public
Le métier d’écrivain public est de plus en plus rare : en France ils sont moins de 500. C’est un des plus anciens métiers au monde puisque dans l’Antiquité cela correspondait au rôle des scribes et, au Moyen-Age, à celui des clercs.
Son rôle principal est d’écrire pour aider des personnes qui ne possèdent pas les compétences nécessaires ou qui n’aiment pas le faire. L’écrivain public doit savoir, tout d’abord, écouter pour ensuite écrire. Il lui faut être patient et faire preuve d’empathie puisqu’il faudra traduire des émotions (qui ne sont pas les siennes) par des mots.
Le moment de la rencontre est important. Mme James peut travailler aussi bien sur l’ensemble de la France mais aussi avec des personnes se trouvant à l’étranger. La rencontre peut être physique (Mme James se déplace) ou virtuelle grâce à Skype ou Tims.
Il y a un aspect social dans cette profession. Il ne se contente pas de rester à son bureau. Il établit des liens entre des citoyens et les administrations que ce soit les impôts, la CAF (Caisse d’Allocation Familiale)… Dans quelques cas, plutôt que l’écrit, l’écrivain public peut téléphoner directement au service concerné.
Les clients d’un écrivain public sont très variés : des personnes âgées, des étudiants, des personnes de nationalité française ou non, des entreprises, des mairies, des politiques, des youtubeurs, des cinéastes (le terme de script doctor est utilisé).
Les raisons d’employer un écrivain public sont très variées : faire relire et corriger un courrier, faire un CV, une lettre de motivation, créer un livre biographique, un compte-rendu, un discours politique ou pour un mariage, pour un enterrement, améliorer un scénario, traduire un texte de langue étrangère. Selon le sujet, Mme James (qui a des connaissances en Anglais, Allemand et Latin), s’en occupe ou confie à un de ses collègue le travail surtout s’il y a des aspects techniques.
C’est ce qui rend ce métier attractif : les demandes ne sont pas les mêmes, les personnes sont différentes.
La différence entre un écrivain et un écrivain public est que le nom de ce dernier n’apparaît pas dans ce qu’il rédige car ce ne sont pas ses idées qui se retrouvent dans un livre, un bulletin… L’écrivain public est d’ailleurs surnommé "écrivain fantôme" ou "écrivain conseil".
A côté de la maîtrise de l’écrit (orthographe, grammaire, vocabulaire à utiliser, style théâtral ou romancier…) il y a aussi de la place pour la créativité dans la mise en page, pour les polices de caractères qui conviendraient le mieux, vis-à-vis de l’image et des couleurs d’une couverture.
Aucun diplôme n’amène à ce métier même s’il est préférable d’avoir suivi des études après le Baccalauréat, par exemple, dans des matières comme le droit, le journalisme, la sociologie, la psychologie voire l’Histoire. Un niveau bac + 2 est préférable.
Cela fait 12 ans que Mme James est écrivain public. Elle a suivi des études de droit et de journalisme. Elle a été journaliste dans un premier temps puis a rencontré un écrivain public et s’est aperçue que cela correspondait davantage à ses attentes professionnelles.
Il faut avoir une bonne culture générale et développer des connaissances juridiques et administratives. Pour répondre à la demande d’un client qui souhaite remplir un dossier il faut être à même d’utiliser le bon vocabulaire. Cela nécessite de mettre à jour, régulièrement, ses connaissances : connaitre les nouveaux mots du dictionnaire, les nouveaux logiciels. Mme James profite de ses vacances pour lire ce qui enrichit aussi son travail.
L’essentiel du travail se fait à partir d’un ordinateur avec des traitements de textes, des logiciels de design.
L’écrivain public a une déontologie à respecter : il ne peut pas faire de faux documents, des lettres de menaces, d’insultes. Il ne peut pas revendiquer l’écriture du texte demandé.
De par les délais à respecter ou les disponibilités des clients, un écrivain public est amené à travailler le week-end, les jours fériés.
Chaque écrivain public fixe ses prix. Cependant il va souvent regarder ce que proposent ses concurrents. Pour ce qui est de Mme James cela va de 5 € de correction par page à 500 € pour une biographie de 150 pages. Les prix sont établis soit à la page, à l’heure passée sur le travail ou au forfait (un prix fixe qui inclut le temps de travail, les frais divers). Il n’y a donc pas de salaire fixe : tout dépend des commandes reçues. Mme James se fait connaître essentiellement par le bouche à oreilles et a une clientèle fidèle qui renouvelle ses demandes.
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’arrivée de l’IA (Intelligence Artificielle) a entraîné une augmentation du nombre de clients pour les écrivains publics car si l’IA donne des idées, elle n’est pas capable, pour l’instant, de faire passer des émotions, d’utiliser le 2 nd degré, d’adapter son texte au ressenti d’une personne voire de respecter la moralité.