MIDIS DE CLAUDEL

MIDIS DE CLAUDEL - Conducteur de trains de fret

Par DAVID AVROT, publié le mardi 17 mars 2026 21:48 - Mis à jour le mardi 17 mars 2026 21:48

Ce lundi 16 mars 2026, nous avons reçu M. MOREL qui est venu partager son expérience de conducteur de trains de marchandises, un métier qu'il exerce depuis 2006.

Un parcours construit par étapes
Le parcours de M. MOREL, 45 ans, est particulièrement inspirant car il montre que l'orientation n'est pas toujours une ligne droite.
• Originaire de Troyes, il s'est d'abord dirigé vers l'université après un bac scientifique.
• Parallèlement à sa deuxième année d'étude, il travaillait le week-end et pendant les vacances dans un supermarché.
• C’est finalement une opportunité familiale qui a tout changé : son oncle, cheminot partant à la retraite, l’a encouragé à postuler à la SNCF qui recrutait alors massivement.
• Après avoir réussi les tests, il a été affecté à Ambérieu-en-Bugey, un secteur qu'il n'a plus quitté, hormis une année d'expérience marquante en région parisienne sur trains de voyageurs.

La réalité d'un quotidien solitaire et responsable
Au-delà des clichés, M. MOREL a décrit un métier de grande solitude mais de haute responsabilité :
• Une vigilance de chaque instant : seul en cabine, souvent la nuit, le conducteur doit être capable de tout gérer, du pilotage aux petites réparations techniques.
• La gestion de la puissance : maîtriser un convoi de 1600 tonnes lancé à 100 km/h demande une concentration extrême car la moindre négligence peut avoir des conséquences graves.
• Un rythme de vie particulier : le métier impose de manger en roulant et de gérer les "découchés" (dormir hors de son domicile). C’est une organisation exigeante, compensée par des primes qui représentent environ 40 % de la rémunération totale.

Des moments d'exception
Interrogé sur ses souvenirs les plus marquants, il a évoqué la diversité des missions du fret :
• Le transport de marchandises exceptionnelles, comme des voitures de luxe ou même des convois de fonds sous haute surveillance escorté par la gendarmerie.
• La beauté des paysages, notamment par temps de neige où l'absence de visibilité des rails donne l'étrange sensation de "rouler sur du coton", mais aussi tout simplement le fait de rouler au bord du lac du Bourget par exemple.

À savoir sur le recrutement
Si le processus a évolué depuis les débuts de M. MOREL, la formation reste un pilier central. Elle dure environ un an, elle est rémunérée et elle alterne théorie et pratique accompagnée avant l'examen final qui permet de conduire seul.
Aujourd'hui, les salaires débutent autour de 2200 € à 2400 € nets (primes incluses) et peuvent atteindre 3500 € nets en fin de carrière.
La carrière peut évoluer vers la fonction de chef mais aussi vers la conduite de TGV.

Nous remercions vivement M. MOREL pour son intervention et pour ses réponses aux très nombreuses questions d'élèves.

Photo illustration : Thomas Wolf, www.foto-tw.de / Wikimedia Commons / CC BY-SA 3.0